9 de febrer de 2015

Sex, drogue et pattes d’eph’ : avec "Red Fury", George Pelecanos met le cap sur les seventies

[Metro News, 8 février 2015]


Marc  Fernandez

NOIR, C'EST NOIR - Polar, thriller, roman noir... Chaque jeudi, retrouvez le coup de coeur de Marc Fernandez, cofondateur et rédacteur en chef de la revue "Alibi". Aujourd'hui "Red Fury", de l'Américain George Pelecanos.


Il était une fois l'Amérique des seventies... et un Président englué dans un sérieux scandale d’état. Mais à Washington, il n’y a pas que le Watergate, il y a aussi des flics, des dealers, des détectives, des mères maquerelles et des voitures aux carrosseries loufoques. George Pelecanos, l’un des grands noms du roman noir US, nous plonge, avec Red Fury, dans les bas-fonds de la capitale des Etats-Unis. En rouge, comme la Cadillac décapotable qui orne la couverture de son roman, et en noir, comme l’intrigue qu’il déroule devant nos yeux.

C’est qui ?
Est-il encore nécessaire de présenter George Pelecanos ? Les amateurs de romans noirs savent qu’il est un des auteurs du genre qui compte des deux côtés de l’Atlantique. Cet écrivain de 57 ans d’origine grecque, qui a reçu le prix Edgar Allan Poe en 2007, se définit comme un auteur de la rue. Outre les livres, son nom apparaît au générique de la fabuleuse série The Wire comme scénariste. Après des études de cinéma, il crée une société de distribution de film en 1981. Grâce à lui, les Américains peuvent voir sur grand écran aussi bien The Killer, de John Woo, que 36 Fillette, de Catherine Breillat. Il se lance dans l’écriture en 1992 et, depuis, il a publié une vingtaine de romans.

Ça parle de quoi ?
Bienvenue à Washington. Nous sommes en 1972. Derek Strange, ancien flic reconverti en détective privé, accepte une affaire d’apparence banale. Il s’agit de retrouver une bague. Sa cliente dit qu’elle y tient beaucoup. Oui, mais voilà, ce bijou s’est retrouvé dans la poche d’un petit dealer, abattu par un certain "Red Fury" Jones. Un malfrat qui doit son surnom à la voiture décapotable que conduit sa petite copine, maquerelle de son état… Une enquête confiée à Franck Vaughn, l’ancien équipier de Strange. Les deux hommes vont se retrouver à courir après le même tueur. Un assassin qui, accompagnée de sa tenancière de bordel, va être à l’origine d’une vague de violence sans précédent. La discrétion, il ne connaît pas. Au contraire, il veut qu’on se souvienne de lui…

Pourquoi on aime ?
On retrouve ici le Pelecanos de ses débuts, celui qui décrit et montre avec un talent fou les rues de Washington. Pelecanos explique dans l’introduction de son roman que ce dernier a été écrit quasiment d’une traite, "dans la fièvre de 2011". Un rythme vif et haletant du début à la fin, des personnages hauts en couleur et bien campés et, surtout, un décor d’une précision chirurgicale, au point qu’on a l’impression d’entamer un voyage dans le temps et de se retrouver télé transporté dans la capitale US en 1972. Si l’intrigue, assez classique, est bien menée mais sans surprise, ce Red Fury se lit pourtant sans reprendre son souffle, grâce à un Pelecanos plus en forme que jamais.

Red Fury, de George Pelecanos, trad. Denis Beneich. Éditions Calmann-Lévy, 240 pages, 19,90 €




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