20 de gener de 2015

L'Amérique des écrivains : les meilleures interviews de Pelecanos, Ron Rash, JL Burke, Lehane...

[Livres connections, 19 janvier 2015]


Qui a dit, sans fausse modestie : " je voulais devenir le plus grand écrivain du monde ? " George Pelecanos, dans L'Amérique des écrivains, road trip, pavé bien carré avec près d'une trentaine d'écrivains américains qui se confient, assez naturellement, à Pauline Guéna, partie au Nouveau Monde en camping car avec son photographe de mari et les enfants ! Un concept original très réussi car l'amateur de confessions y trouvera son compte, l'amateur de création aussi, l'amateur de scoops peut-être également. D'abord parce que James Lee Burke, par exemple, on ne le croise jamais en interview. Mais aussi parce que ces auteurs se livrent sur leurs débuts, leurs galères, leurs astuces, le système du livre en Amérique.
Ron Rash, lui, explique comment son premier livre, Un pied au paradis, était accepté par un éditeur, à la seule condition qu'il passe de quatre narrateurs à un seul : " j'ai pensé que ça allait gâcher le livre alors j'ai refusé. Deux ans plus tard mon texte a remporté un concours et a été publié par un tout petit éditeur régional, j'ai eu de bonnes critiques et un éditeur new yorkais a été intéressé... " A Santa Monica, en Californie, Pauline Guéna arrive à faire parler Dennis Lehane, avec une étonnante franchise sur les difficultés d'écrire quand on démarre : " tous mes amis avaient des postes d'enseignants. Moi je m'y refusais parce que lorsqu'on enseigne par obligation, c'est une tannée, c'est affreux. Et on n'écrira jamais. C'est une erreur que commettent beaucoup d'écrivains, penser qu'ils peuvent prendre un boulot de prof tout en écrivant pendant les vacances, ou la nuit. Il n'y a pas de nuits ! "

Les entretiens sont longs, précis, chaleureux, de qualité et véritablement intéressants pour quiconque s'intéresse à ces auteurs, à la littérature. A vrai dire, il y a de quoi être jaloux. De TC Boyle, à Russel Banks, Joseph Boyden, Laura Kasische, Craig Davidson, James Frey, David Vann (très en colère contre les Etats-Unis !)... L'Amérique des écrivains est le genre de livre que l'on prend, que l'on lit, que l'on repose, et que l'on reprend. Vraiment une réussite. Bien mieux en tout cas que ces recueils sur le roman noir, censés nous vendre les 100 meilleurs polars, les 100 meilleurs auteurs... Avec, qui plus est, ici, des photos des auteurs mais aussi quelques instantanés de ce voyage hors du commun.
L'Amérique des écrivains, road trip, Pauline Guéna et  Guillaume Binet, ed. Robert Laffont, 340 pages, 35 euros.




0 comentaris:

Publica un comentari a l'entrada

 
Google Analytics Alternative